La nuit
Tous les chats se ressemblent
Lily
Connaît bien son métier
Y’a les habitués
Les passants du quartier
Les passants du quartier
Et puis les bourgeois
Même l’épicier de la rue des Lilas
Lily
Rallume une gauloise
Le ciel
Se prépare au printemps
Métro Miromesnil
Elle attend son Émile
Sous les réverbères
Sur les trottoirs du Paris d’après-guerre
Profitez-en, 500 la passe
Pour la nuit que vous n’oublierez jamais
J’écoute les hommes qui parlent à voix basse
Les corps perdus et les cœurs fatigués
La vie
Tous les jours se ressemblent
Lily
A 30 ans de métier
Les clients sont rares
Elle recompte les pourboires
À la fin du mois
Pour le loyer de la rue des Lilas
Le ciel
Se prépare à l’automne
Lily
Sort de la pharmacie
Il y a des rumeurs
Il paraît qu’on en meurt
Il fait mauvais temps
Sur les trottoirs du Paris de Mitterrand
Profitez-en, 200 la passe
À ce prix-là c’est de l’amour bradé
J’écoute les hommes qui parlent à ma place
Les corps perdus et les cœurs fatigués
Fatigués
Fatigués
Il y a des rumeurs
Il paraît qu’on en meurt
Ailleurs comme ici
Sur les trottoirs du Paris d’aujourd’hui
Profitez-en avant que je passe
Un petit ¼ d’heure pour une éternité
Écoutez mon âme qui parle à ma place
Mon corps perdu et mon cœur fatigué
Fatigué
@ Extrait de l’album « Je reviens de loin… »
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