dimanche 31 janvier 2016

ANTHEA


Tu n’aurais peut-être pas ces yeux-là
Si j’étais ta mère
T’es un peu la moitié de moi
Quand j’aimais ton père
Quand je voulais faire avec lui
Un enfant blond
Quand je disais c’est pour la vie
Et que je suis partie de la maison

T’aurais peut-être eu mes grains de beauté
Mon sale caractère
Mais ça on ne le saura jamais
J’ai quitté ton père
Il a mélangé son Y
À un autre X
Il a bien fait, c’était pas bête
Puisque tu existes

Malgré moi, malgré moi
Tu chantes et tu bouges
T’as peut-être les yeux rouges Quelquefois
Malgré moi, malgré moi
J’ai pas trop de peine
Si t’as pas les mêmes gênes
Que moi

Je ne connais même pas ton décor
T’es pas de ma chair
Je ne t’ai pas porté dans mon corps
J’ai quitté ton père
Je n’ai pas senti de douleur
Juste un sanglot
Comme si la moitié de mon cœur
Perdait les eaux

Malgré moi, malgré moi
Tu chantes et tu bouges
T’as peut-être les yeux rouges
Quelquefois
Malgré moi, malgré moi
Tu ressembles à un ange
Mais t’es pas un mélange
De lui et de moi

Petite fille d’une autre histoire
D’un autre passé
Tu gardes un peu de ma mémoire
Mais je n’ai pas de regret
Je n’aurai pas d’enfant à moi
La vie m’a fait faire d’autres choix

Malgré moi, malgré moi
Tu chantes et tu bouges
T’as peut-être les yeux rouges
Quelquefois
Malgré moi malgré moi
Tu ressembles à un ange
Mais t’es pas un mélange
De lui et de moi

Anthéa


@ Extrait de l’album « Auteuse Compositrice Interpréteuse »








samedi 30 janvier 2016

85B

Notre amour n’est pas ordinaire
Mais qui y a-t-il de plus banal
Rien qu’une maison de pierres
Y’a pas de quoi crier au scandale

C’est peut-être un amour qui dérange
Un cœur qui bât entre deux elles
Mais on est deux à faire les vidanges
Et deux à laver la vaisselle

Tout le temps pacsé dans tes bras
Me fait la vie belle
Et ma place au ciel
Tout le temps pacsé près de toi
C’est le tien, c’est le nôtre
Un bonheur comme les autres

Être deux dans la salle de bains
Et se partager le rimmel
Ça ferait bien rire les voisins
S’ils savaient combien je te trouve belle

Tout le temps pacsé dans tes bras
Me fait la vie belle
Et ma place au ciel
Tout le temps pacsé près de toi
C’est le tien, c’est le nôtre
Un bonheur comme les autres

Chacun sa croix, chacun sa peine
Un animal mais pas d’enfant
Si notre chien est une chienne
On est pas sectaire pour autant

C’est ordinaire quand on y pense
C’est un amour comme j’en rêvais
Mais ce qui fait toute la différence
C’est que tu fais du 85 B

Tout le temps pacsé dans tes bras
Me fait la vie belle
Et ma place au ciel
Tout le temps pacsé près de toi
C’est le tien, c’est le nôtre
Un bonheur comme les autres



@ Extrait de l’album « Auteuse Compositrice Interpréteuse »


vendredi 29 janvier 2016

LE VERBE OU LA PLUME

Je suis tombée dans la rime
déjà toute petite
Un crayon dans la main
et dans l’autre un cahier
S’il n’y avait que des vers
au fond de ma marmite
Pour trouver mon chemin
déjà je comptais mes pieds

Il faut en écriture
savoir aiguiser sa mine
Pour trouver le bon mot
quand le discours est trop long
J’efface, je rature,
renverse l’encre de chine
Je peine en grignotant
la gomme au bout du crayon

Le verbe ou la plume
Les mots à la une
Dérouler la bille
sur le papier blanc
Le verbe ou la plume
Les mots à la une
Raconter la ville
du haut d’un Mont Blanc

Je froisse quelques feuilles
et remplie ma corbeille
J’emmêle mes idées
autour de la spirale
Je saute quelques pages
et quand les mots s’émerveillent
Je taille mon crayon
en lettres capitales

Les fautes de syntaxe
et les accords de grammaire
Je conjugue au futur
et concordance les temps
Pour toi j’enrichirai
vocables et vocabulaires
Je compose au passé,
je participe au présent

Le verbe ou la plume
Les mots à la une
Dérouler la bille
sur le papier blanc
Le verbe ou la plume
Les mots à la une
Raconter la ville
du haut d’un Mont Blanc 

J’ai pas grand-chose à dire
Et tant de mots à étendre
À coucher, à bercer,
à pleurer sur un buvard
J’ai choisi mon armure
et quand je veux me défendre
Je ne parle jamais
mais mon stylo est bavard

Je peine et recommence
et retourne à la ligne
Au son du parchemin,
À l’odeur du stabylo
Je me perds dans la marge
à chercher des synonymes
En invoquant les Dieux,
Molière et Nougaro

Le verbe ou la plume
Les mots à la une
Dérouler la bille
sur le papier blanc
Le verbe ou la plume
Les mots à la une
Raconter la ville
du haut d’un Mont Blanc

@ Extrait de l’album « Je reviens de loin… »

jeudi 28 janvier 2016

UN PIED DEVANT L'AUTRE

Salle des pas perdus
On coupait tout cru
Le cordon ombilical
Je venais au monde
Blonde et déjà ronde
Avec 3 mois de Mistral
Quelques jours d’avance
Pour entrer dans la danse
Ça se prépare bien assez tôt
Pour marcher au pas
En cherchant sa voie
Ça commence dès le berceau

Je pose un pied, un pied devant l’autre
J’avance petit à petit
Je pose un pied et je pose l’autre
L’oiseau, l’oiseau fait son nid

Salle des pas précoces
Des chagrins de gosses
Et des premières amourettes
Déjà je cherchais chaussure à mon pied
Pour effeuiller la pâquerette

Quand je donnais mon cœur
Je recevais des fleurs
D’un Roméo sans Juliette
Mais au pied du balcon
Avec mes chansons
C’est moi qui comptais fleurette

Je pose un pied, un pied devant l’autre
J’avance petit à petit
Je pose un pied et je pose l’autre
L’oiseau, l’oiseau fait son nid

Bisou sur la joue
J’ai cru voir le loup
Mais t’as glissé sur tes promesses
Je me souciais guère
Des préliminaires
Alors j’ai sauvé mes fesses
2 pas en arrière
Les pieds bien sur terre
Je suis tombée de très haut
Mais ce pas de 2
M’a ouvert les yeux
J’mets les pieds dans le même sabot

Je pose un pied, un pied devant l’autre
J’avance petit à petit
Je pose un pied et je pose l’autre
L’oiseau, l’oiseau fait son nid

Salle des pas pressés
Tu m’as embrassé
Puis t’es partie comme t’es arrivée
Sur la pointe des pieds

Un coup de pied au cul
Salle des pas perdus
Ça m’a servi de leçon
J’ai marché tout droit
Les pieds dans le plat
Et l’estomac dans les talons
Tu as débarqué
De la gare d’à côté
Tu m’as remise sur les rails
Je t’ai sauté au cou
Depuis je l’avoue
J’ai les orteils en éventail

Je pose un pied, un pied devant l’autre
J’avance petit à petit
Je pose un pied et je pose l’autre
L’oiseau, l’oiseau fait son nid



@ Extrait de l’album « Je reviens de loin… »

lundi 25 janvier 2016

TIROIR MON BEAU TIROIR

Tiroir mon beau tiroir
Où as-tu mis mes lettres ?
Je crois que j’ai perdu la mémoire
Sur la Nationale 7
Armoire ma belle armoire
Où as-tu mis mes guêtres ?
J’ai oublié ma robe du soir
Un lendemain de fête

Histoire belle histoire
Tombée en poussière
Au fond d’un trou noir
Une éclipse solaire
J’ai tout oublié
J’ai tout oublié
De ces nuits étoilées

Histoire belle histoire
Tombée en plein
Une robe du soir
M’a coupé les ailes
J’ai tout oublié
J’ai tout oublié
Mais pas la voie lactée

Buvard mon beau buvard
Tu m’as fait l’inventaire
En négatifs à l’encre noire
D’un passé à l’envers
Miroir mon beau miroir
J’ai pas perdu la guerre
Je sais, je suis à belle à voir
Mais c’était pire hier

Histoire belle histoire
Tombée en poussière
Au fond d’un trou noir
Une éclipse solaire
J’ai tout oublié
J’ai tout oublié
De ces nuits étoilées

Histoire belle histoire
Tombée en plein
Une robe du soir
M’a coupé les ailes
J’ai tout oublié
J’ai tout oublié
Mais pas la voie lactée

Tiroir mon beau tiroir
Où as-tu mis mes lettres ?
Je crois que j’ai perdu la mémoire
Sur la Nationale 7
Armoire ma belle armoire
Où as-tu mis mes guêtres ?
J’ai oublié ma robe du soir
Un lendemain de fête

Et puis j’ai perdu la mémoire
Sur la Nationale 7
Et puis j’ai perdu la mémoire
Sur la Nationale 7

@ Extrait de l’album « Je reviens de loin… »

vendredi 22 janvier 2016

RESSERS-MOI

Fais-moi revenir à feu doux
Comme autrefois
Je vais me souvenir de nous
Ressers-moi

Réveille nos cœurs épicés
Par ta cuisine
Redécoupe-moi en quartiers
Je me sens l’âme mandarine

Je vais reprendre du dessert
Tu peux remettre le couvert
Ressers-moi

Rajout du sel de Guérande
Sur mes lèvres
Souviens-toi que je suis gourmande
Un peu camarguaise

Redépose au bord de mes lèvres
Si je m’endors
Le fil d’Ariane de nos rêves
Je me sens l’âme Minotaure

Je vais reprendre du dessert
Tu peux remettre le couvert
Ressers-moi

Ressers-moi, mets quelque chose
Dans le verre de notre passé
Ça manque un peu de glucose
Je suis hypo-glycé-minée

Au jeu de l’amour sans hasard
Tu m’as fait peur
J’ai avalé tellement d’histoires
J’ai mal au cœur

Pour digérer les mauvais goûts
Et les remords
Rechante-moi l’air des bijoux
Je le sens l’âme Castafiore

Tu vas reprendre du dessert
Je vais remettre le couvert
Ressers-toi !


@ Extrait de l’album « Je reviens de loin… »

jeudi 21 janvier 2016

NUAGE DE LAIT

Thé citronné, café menthol
C’est l’effet que me fait ta peau
Cœur bouillonnant, rondeur d’épaule
Juste un frisson au creux du dos

Arôme intense des délices
Un grain de beauté tu me donnes
Thé citronné, menthe ou réglisse
Café sucré, tu m’infusionnes

Nectar de brunes, blondes senteurs
Les effluves te suivent à la trace
Ça tambourine, est-ce mon cœur ?
Où la cuillère contre la tasse

Léger, léger, léger nuage de lait
Je te vois, je te bois jusqu’au marc
Léger, léger, léger nuage de lait
Je te vois, je te bois, café noir

Thé citronné ou bien thé vert
Le choix du parfum à ta guise
Une sucrerie, un dessert
Un expresso qui s’éternise

Café au lit, instant caresses
La fumée qui danse et chaloupe
Un matin qui tient mes promesses
Repose la tasse et la soucoupe

Léger, léger, léger nuage de lait
Je te vois, je te bois jusqu’au marc
Léger, léger, léger nuage de lait
Je te vois, je te bois, café noir

@ Extrait de l’album « Pas vu(e) pas pris(e) »

dimanche 17 janvier 2016

GUITARE HEROS

J’suis pas Gibson, j’’suis pas Fender
Pas vraiment Telecaster
Déjà minotte
Je cherchais mes notes
Pour faire rimer Molière

La main qui glisse sur la touche
Mon Ovation, premier cadeau
Je faisais semblant de jouer manouche
Ça faisait rire Tchavolo

Les électriques en bandoulière
Le son qui coule dans les veines
Pardon Hendrix, pardon Knoffler
Je préfère le bois d’ébène

Pour quelques notes
J’allais traîner mes bottes
Dans les arrières cuisines
Je rêvais de poser mes doigts
Sur les rainures du bois
D’une Takamine

Baden
Metheny
Lagrène
Montgomery
Django

Ils ont pour guides
Les cordes à vide
Et la voix des anges
Fermant les yeux
Ouvrant leurs chairs
Et leur ciel se phalange

J’avais choisi leur musique
Je rêvais en acoustique
Quand j’étais gamine
La main posée sur les hanches
Et les mécaniques blanches
De ma Takamine

Dadi
Rosenberg
Tommy
B.B. King

Et puis Romane
Et Meola
Robert Johnson
Et Segovia
John Lee Hooker
Jodie Fisher
John Mac Laughlin
Et Chet Atkins
Clapton, Paco
Guitare Héros

@ Extrait de l’album « Je reviens de loin… »

jeudi 14 janvier 2016

LILY

La nuit
Tous les chats se ressemblent
Lily
Connaît bien son métier
Y’a les habitués
        Les passants du quartier
Et puis les bourgeois
Même l’épicier de la rue des Lilas

Lily
Rallume une gauloise
Le ciel
Se prépare au printemps
Métro Miromesnil
Elle attend son Émile
Sous les réverbères
Sur les trottoirs du Paris d’après-guerre

Profitez-en, 500 la passe
Pour la nuit que vous n’oublierez jamais
J’écoute les hommes qui parlent à voix basse
Les corps perdus et les cœurs fatigués

La vie
Tous les jours se ressemblent
Lily
A 30 ans de métier
Les clients sont rares
Elle recompte les pourboires
À la fin du mois
Pour le loyer de la rue des Lilas

Le ciel
Se prépare à l’automne
Lily
Sort de la pharmacie
Il y a des rumeurs
Il paraît qu’on en meurt
Il fait mauvais temps
Sur les trottoirs du Paris de Mitterrand

Profitez-en, 200 la passe
À ce prix-là c’est de l’amour bradé
J’écoute les hommes qui parlent à ma place
Les corps perdus et les cœurs fatigués
        Fatigués

Il y a des rumeurs
Il paraît qu’on en meurt
Ailleurs comme ici
Sur les trottoirs du Paris d’aujourd’hui

Profitez-en avant que je passe
Un petit ¼ d’heure pour une éternité
Écoutez mon âme qui parle à ma place
Mon corps perdu et mon cœur fatigué
Fatigué

@ Extrait de l’album « Je reviens de loin… »

jeudi 7 janvier 2016

BUS 72

Un index posé
Sur le froid de la vitre
Du bus 72
Dans la dernière rangée
Quand il roulait trop vite
Mon cartable et ma blouse

La buée des fenêtres
Devenait l’écriture
Où je posais mes lettres
Au hasard

Quand la chaleur montait
La peau collait au skaï
Moi j’enlevais ma blouse
Le soleil transpirait 
dans le bleu du sky
au-dessus du 72

j’égrenais les voyelles
comme un livre d ‘images
en traversant la ville
dans les embouteillages

les secousses, les pavés
et puis les ratés du moteur
si quelquefois ma main tremblait
je résistais aux ralentisseurs

J’ai appris à écrire
Dans la dernière rangée
Du bus 72
Un fauteuil en faux cuir
Un index posé
Mon cartable et ma blouse

Ecrire dans la buée
Faut de l’inspiration
Mais surtout par pitié
Pas d’climatisation